Jour 14 – Sospel (Col de Castillon) -> Menton

Vendredi 7 août 2026

Pour le dernier jour de mon périple, j’ai accepté la proposition du propriétaire de la chambre d’hôte de me déposer non pas à Sospel mais au col de Castillon, ce qui me permettra d’économiser une heure de montée et d’atteindre le sommet du Gramondo sans trop souffrir de la chaleur.

Je démarre donc du col de Castillon (706m) à 7h du matin, avec 4,5L d’eau dans mon sac. Il fait 21 degrés au thermomètre de la voiture. Premier objectif, la baisse de Scuvion 460 mètres plus haut.

Col de Castillon

La montée se fait sur un sentier facile, la pente est soutenue sans être trop raide, et je suis à l’ombre. Bien que je commence à transpirer abondamment dès les premières minutes, je me sens bien, j’avance d’un bon pas, et il ne me faudra qu’une heure pour atteindre ce premier col.

Vue depuis la montée vers la Baisse de Scuvion

Montée vers la Baisse de Scuvion

Baisse de Scuvion

De là, je redescends 150 mètres en sous-bois vers le col de Razet, où je rejoins le GR52. Je vais suivre le GR, sur un sentier tranquille en légère montée, jusqu’à Colla Bassa (1107m).

Descente en sous bois vers le col du Razet

Première vue sur la Méditerranée, entre le col du Razet et Colla Bassa

A Colla Bassa je laisse le GR52 pour prendre la direction du Gramondo (1379m), qui sera mon dernier sommet avant la mer, et ma dernière (courte) incursion en Italie. Le sentier commence assez tranquillement, et finit sur les 100 derniers mètres par se raidir significativement, et par devenir un peu paumatoire (heureusement, le balisage jaune aide un peu). J’arrive finalement au sommet à 9h30, en étant resté à 95% à l’ombre …. Mission accomplie !

Gramondo, vue côté Nord

Bilan de l’eau : 1L consommé, j’ai peut-être vu un peu large avec mon stock de 4,5 L au départ 😉

Au sommet, la vue sur la baie de Menton est splendide, quelques nuages habillent le paysage mais la brume de chaleur est très présente, c’est compliqué pour les photos …. Sur le socle de l’immense croix du sommet, je trouve une plaque commémorative émouvante déposée par les filles de Patrick Berhault, qui rappelle sa grande traversée des Alpes en 2000 et 2001.

Hommage à Patrick Berhault

Gramondo, vue côté Sud

Gramondo, la croix et la borne frontière du sommet

Je reste un long moment au sommet et me prépare à descendre. Le topo indique de descendre la crête au Sud, mais il est encore tôt et je décide de faire un petit détour vers l’est en passant par la Punta Renuit, qu’on rejoint par un joli sentier en balcon. La vue de la Punta Renuit n’est pas inoubliable, mais le détour était joli et a permis d’admirer une jolie croix métallique.

Vue arrière sur le sommet du Gramondo

Belle croix métallique entre le Gramondo et la Punta Renuit

Vue de la Punta Renuit

Je repars ensuite vers l’ouest pour rejoindre le tracé de la Transalpes. Je suis maintenant en plein cagnard, je sens que la descente va être longue ! Heureusement le chemin est facile, en balcon / légère descente, ce qui permet d’avancer vite. Je suis surpris de voir les nuages s’amonceler alors que la météo annonçait grand beau sur Menton. Mais ça m’arrange, ça permet de réduire la température de quelques degrés (même si d’un point de vue humidité c’est une autre histoire, le taux ressenti est de 300%, et je me liquéfie … )

Les nuages s’amoncellent

Le chemin me fait revenir en France par le Pas de la Corne, et retrouver le GR 52 un peu plus bas. J’attaque les derniers 150 mètres de dénivelé positifs de la traversée, toujours à l’ombre des nuages, jusqu’au Col du Berceau.

Pas de la Corne, retour en France

Dans les nuages sous le pas de la Corne

Le col est très joli mais malheureusement squatté par une dizaine de vaches. Certes elles sont allongées et ne semblent pas trop vindicatives, mais dans le doute je préfère m’installer quelques mètres sous le col pour un pique-nique avec un belle vue … sur rien  (merci les nuages 😀 ).

Le col du Berceau est occupé 😉

Belle vue sur rien 😀

Une fois le pique-nique avalé, il va falloir quand même commencer à descendre, Menton est plus de 1000m plus bas ! Ça tombe bien, le sentier, débonnaire jusqu’ici, se raidit d’un coup, sur un sol terreux avec des cailloux qui roulent sous les pieds. Pas terrible pour une promenade digestive, il faut rester attentif en permanence, sinon c’est la glissade 🙁 .

Menton se dévoile

A 716m, le plan du Lion offre un replat bienvenu, ainsi qu’une magnifique vue sur Menton. Je m’y arrête un instant, le temps de prendre quelques photos.

Vue du Plan du Lion

Et c’est reparti pour un sentier du même genre que le précédent 😡 . La fatigue commence à se faire sentir, d’autant que la présence des nuages ne suffit plus à compenser l’effet de la chaleur. Je commence à avoir l’impression d’être dans un four, impression qui ne va cesser de croître de façon inversement proportionnelle à l’altitude.

Heureusement après les granges St Paul (445m) le sentier devient un peu moins technique, et après être passé sous le viaduc de l’autoroute, tout le reste du parcours (que je fais en mode pilote automatique, submergé par la fatigue et la fournaise) se fera dans les rues et ruelles du haut de Menton. J’arrive enfin sur le port de Garavan vers 14h. Il me reste environ 1,5L d’eau, la bouteille supplémentaire achetée à Sospel n’aurait finalement pas été nécessaire (mais j’aurai aussi pu avoir beaucoup plus chaud si les nuages n’avaient pas été là 😉 ).  J’ai deux heures et demie de libres avant mon train pour Marseille, je commence donc par m’installer en terrasse pour commander quelque chose de frais. La chaleur est tellement lourde qu’après être resté assis une demi-heure, et avoir bu une carafe d’eau entière et deux bouteilles de kéfir glacé, je sue toujours à grosses gouttes.

Renonçant à l’idée de reprendre une apparence humaine dans un délai raisonnable, je vais régler mes consos et demande à la gérante du café si elle veut bien prendre en dépôt la liseuse qui m’a été confiée au refuge des Merveilles pour que son propriétaire, absent cet après-midi, puisse venir la récupérer. Elle n’a pas l’air très motivée et me suggère de la déposer à la capitainerie du port, qui refusera également de s’en charger. Ce sera finalement le gérant du magasin d’articles de pêche qui acceptera, merci à lui !

Il me reste maintenant un peu de temps pour une dernière formalité, je me dirige vers la petite plage de Garavan où je peux m’offrir un bain de mer rafraîchissant (enfin l’eau n’est pas vraiment fraîche, mais ça fait quand même du bien 😎 ).

Plage de Garavan, fin du voyage

Le temps de me laisser sécher, je prends la direction de la gare de Menton Garavan, et malheureusement les cinq minutes de marche jusqu’à la gare suffisent à annuler les effets du bain, je sue de nouveau à grosses gouttes 😮 . Je me résigne à attendre la clim du train pour me rafraîchir. Quand le train arrive, mauvaise surprise : il est bondé, et je vais devoir faire le trajet jusqu’à Nice debout, en mode métro aux heures de pointe 🙁 . Heureusement, le train de Nice à Marseille sera plus calme, et je pourrai avoir une place assise pour les 2h30 de trajet restantes.