Jeudi 30 juillet 2026
Et bien comme au lac de Vens la nuit précédente, il semblerait que les moustiques du coin sont des spécimens plutôt calmes (ou végétariens 😉 ?) car malgré leur nombre avant de me coucher je n’ai pas été piqué une seule fois de la nuit.
Au vu des statistiques (14 kilomètres, 980 mètres de dénivelé), cette sixième étape peut apparaître à première vue comme tranquille, mais c’est compter sans l’environnement traversé : cette journée aura été placée sous le signe de la caillasse sous toutes ses formes. Petits blocs roulant sous la chaussure, chaos d’énormes blocs où il faut naviguer comme on peut, ou « sentier » aménagés à flanc de pierrier, nous aurons tout expérimenté.
Nous quittons le refuge de Rabuons aux alentours de 8h (aprés avoir assisté à un ravitaillement pendant que nous replions notre bivouac) et commençons par contourner le lac pour trouver le départ de la montée vers le Pas de Corborant, qui sera notre point culminant de la journée.
Dès le démarrage, nous naviguons au milieu des blocs, à la recherche des cairns, la progression est difficile bien qu’à l’horizontale. Nous finissons par trouver l’entrée du couloir donnant accès au vallon de Corborant, bien contents d’avoir la trace gps car les explications du topo sont très succinctes et les cairns rares.
Le couloir est très raide, mais la montée se fait sans trop de problème.
Arrivés en haut du couloir, nous sommes face au vallon de Corborant, un immense champ de blocs, et nous pouvons voir le col que nous allons devoir atteindre 300 mètres plus haut.
Il s’agit maintenant de naviguer parmi les blocs, de cairn en cairn.
Arrivés au fond du vallon, nous ne sommes pas sortis d’affaire, il reste une centaine de mètres à monter, sur un enchevêtrement de blocs de tailles variables, mais dont presque aucun ne tient sous les pieds. Nous nous espaçons pour éviter qu’une chute de pierre n’atteigne les suivants, et entamons la montée, deux pas en avant, un pas en arrière, sous l’oeil narquois d’un bouquetin qui se baladait au-dessus de nous, bien évidemment sans faire glisser un seul caillou 😀 .
Heureusement les derniers 50 mètres sont un peu plus faciles, et nous pouvons souffler en arrivant au sommet, qui nous permet d’accéder à l’Italie.
La descente commence dans une cheminée un peu raide, mais sans commune mesure avec ce que nous venons de monter, et en plus le sol est à peu près stable.
Mais une fois en bas de cette cheminée, rebelote, il nous faut de nouveau descendre au travers d’un chaos de bloc pour enfin rejoindre un chemin… dans la caillasse certes, mais un chemin tout de même. Au total, nous aurons mis 3 heures pour parcourir les 2,5 premiers kilomètres de cette randonnée !
La suite sera beaucoup plus facile mais sans pour autant être totalement roulante. Nous débutons la descente par une pause pique autant lac Lausfer supérieur, la descente entre les lacs Lausfer étant à peu près la seule occasion de la journée où nous marcherons sur un vrai sentier en terre.
Comme nous avons la tente et pas trop envie de redescendre tout en bas de la vallée pour remonter le lendemain, nous décidons d’emprunter une variante « sauvage » conseillée par le topo. Au lieu de suivre le chemin qui descend vers le hameau de San Bernolfo, nous prenons à gauche un chemin qui serpente…. dans la caillasse pour changer ! Même si le chemin est extrêmement bien aménagé, ça reste quand même beaucoup moins agréable qu’un sentier en terre.
Après environ 300 mètres d’ascension sur ce chemin, et une dernière centaine de mètres sur un chemin raide qui slalome très astucieusement entre les barres rocheuses, nous atteignons, à près de 2700 mètres, un ancien baraquement militaire délabré, dont un important groupe de bouquetins a pris possession.
Nous nous y arrêtons un petit moment pour reprendre notre souffle et admirer ces animaux pas farouches pour un sou.
C’est maintenant le moment de redescendre vers le vallon de Colle Longue et les lacs du même nom, où nous prévoyons de bivouaquer. Le vallon est moins minéral que celui dont nous venons, mais reste très sec et austère.
Arrivés en vue des lacs, nous avons la déception de constater qu’un troupeau de vaches en squatte les rives, qui effectivement auraient fait des emplacements de bivouac de rêve. Qu’à cela ne tienne, nous nous dirigeons vers une source indiquée sur notre carte, nous nous attendons à moitié à la trouver à sec au vu de l’aridité des environs. Mais elle est bien là, un beau tuyau sortant d’un rocher, au milieu de nulle part, avec « eau potable » écrit à la peinture bleue.
Nous trouvons un emplacement de bivouac non loin de la source, et plantons nos tentes alors que quelques gouttes commencent à tomber. Mais cela ne sera qu’une fausse alerte, 30 minutes plus tard, le ciel est de nouveau bleu, la soirée s’annonce splendide.
Peu avant le coucher du soleil, un groupe de jeunes bouquetins vient s’ébattre une vingtaine de mètres au-dessus de notre campement … le bonheur !

















