Jour 7 – Lacs de Colle Longue -> Sant’Anna di Vinadio

Vendredi 31 juillet 2026

Aujourd’hui, pour cette dernière journée complète de marche pour Samuel et Nicolas, nous prévoyons une étape courte pour rallier Sant’Anna Di Vinadio, où nous avons réservé un hébergement en dur en raison des risques d’orages annoncés pour la fin de journée. Après avoir petit déjeuné et bouclé les sacs, nous prenons quelques minutes pour admirer les ébats des bouquetins sur les barres rocheuses qui surplombent notre bivouac avant de nous remettre en marche.

Nous commençons par traverser un pierrier à l’horizontale (quand on aime la caillasse, on ne compte pas  :D) puis attaquons une montée courte mais raide vers l’éperon Nord de l’Autaret.

Encore de la caillasse 😀

Vue arrière sur un baraquement militaire (un de plus !)

Une nouvelle occasion d’admirer le talent des personnes qui ont conçu ces sentiers, qui permettent de gravir des pentes presque verticales au travers de larges lacets positionnés judicieusement, ce qui rend l’ascension presque facile.

Une fois passée cette première crête nous redescendons vers le col de la Guercha, qui marque le retour sur l’itinéraire officiel et la fin de la variante que nous avons empruntée.

Vue arrière sur le premier col de la journée (col sans nom, 2580 m)

Paysage toujours aussi austère

Borne frontière du col de la Guercha

Depuis le col de la Guercha, l’itinéraire officiel passe par le Passo del Bue (le pas du Bœuf en Italien), mais notre carte indique un chemin sur la droite qui permet de monter à la tête Rougnouse de la Guercha en mode direct et de parcourir les crêtes jusqu’au col de Saboule.

La montée directe s’avèrera très très (trop !) directe. En prenant pied sur les crêtes à environ 100 mètre sous le sommet, nous sommes vraiment soulagés que la grimpette prenne fin. Si c’était à refaire, je passerai par le Paso del Bue (qui est indiqué comme vertigineux sur le topo mais certainement beaucoup plus sûr que notre variante), le chemin de sortie étant juste 20 mètres en dessous de l’endroit où notre ascension nous a fait déboucher.

Une fois sur les crêtes, nous faisons une longue pause pour nous remettre de nos émotions, boire et manger. C’est ensuite une formalité de rejoindre le sommet 100 mètres plus haut par un sentier très facile qui longe la crête. Nous profitons du réseau au sommet pour quelques communications d’urgence mais ne nous attardons pas trop, car pour une raison inconnue à cette altitude de presque 2700m, nous sommes assaillis par une nuée d’insectes, heureusement non piquants.

Sommet de la Tête Rougnouse de la Guercha

Tête Rougnouse de la Guercha, vue vers le Nord

Après le sommet, l’idée est de rejoindre l’antécime orientale de la tête Rougnouse de la Guercha, puis de basculer de l’autre côté de la crête et rejoindre le col du Saboule, qui nous ramènera sur l’itinéraire officiel et à un peu plus d’une heure de notre point d’arrivée.

Tête Rougnouse de la Guercha, vue vers l’Est et notre chemin tout à droite de la crête

Mais le sentier qui permet de rejoindre l’antécime est très mal balisé (ou alors nous n’avons jamais trouvé les cairns, ce qui est possible aussi :-D), ce qui nous vaut de nous perdre un peu et de rattraper la trace au jugé en mode sanglier. Heureusement, une fois l’antécime atteinte le balisage change du tout au tout : un cairn tous les 10 mètres sur un plateau désertique, avec le chemin du col bien visible au loin, c’est largement plus que nécessaire !

Nous faisons une pause pique-nique avant de nous remettre en route, rejoignons le col du Saboulé sans encombre, et repassons en Italie.

Borne frontière du col de Saboulé (côté France)

Baraquement du col de Saboulé

Borne frontière du col de Saboulé (côté Italie)

Nous suivons alors un chemin à flanc jusqu’au Passo di Tesina. Ce chemin, construit par les militaires italiens, est une merveille d’ingénierie (taille de roche et murs de soutènement), qui lui permet d’être large et plat malgré l’environnement montagnard.

Vue vers le Nord , entre le col de Saboulé et le Passo di Tesina

Mur de soutènement du chemin, quel travail !

Le Passo di Tesina nous fait sortir de la caillasse, ce qui n’est pas pour nous déplaire : pendant toute la descente vers Sant’Anna di Vinadio, nous retrouvons un peu de verdure, de lacs et d’arbres avant notre arrivée.

Lago di Sant’Anna depuis le Passo de Tesina

Lago di Sant’Anna

Peu avant l’arrivée à Sant’Anna di Vinadio

Par contre après plusieurs journées à plus de 2500m nous retrouvons aussi la chaleur, qui devient vite étouffante. Sant’Anna di Vinadio est à 2000m, mais en y arrivant nous avons l’impression d’être dans un four !

Nous arrivons à 13h30 mais le refuge n’accueille les randonneurs qu’à partir de 15h. Nous passons donc le temps qui nous reste dans un bar, où nous nous offrons des boissons et des glaces. A 15h, nous prenons possession de notre chambre, chambre de 4 où nous serons tous les trois. La chambre est très spartiate, un espace vide avec deux lits escamotables sur chaque mur, ambiance train de nuit   😀 .

Mais c’est quand même le grand luxe : il y a une douche et des toilettes dans la chambre, et pour une fois nous n’aurons pas à nous faire à manger puisque nous avons pris la demi-pension. Une fois installés, nous déroulons notre routine maintenant bien huilée : douche, lessive, rédaction du compte rendu.

De mon côté, la météo étant incertaine pour demain soir, j’appelle le refuge Questa où je pensais bivouaquer, ils sont malheureusement complets. Tant pis, on verra bien !

Il reste encore à faire l’état des lieux des provisions restantes, et la liste de courses pour mon ravitaillement demain à Isola 2000, où je poursuivrai seul alors que Samuel et Nicolas prendront un bus pour Nice. De quoi occuper cette fin d’après-midi, en complément d’une visite du village et de son église très particulière [1], en attendant des orages qui finalement n’arriveront jamais.

Eglise de Sant’Anna di Vinadio (1/3)

Eglise de Sant’Anna di Vinadio (2/3)

Eglise de Sant’Anna di Vinadio (3/3)

[1] Cette église est en pente pour épouser la forme de la montagne à laquelle elle est adossée, et les murs sont couverts d’actions de grâces en souvenir de personnes décédées, ce qui donne une collection des dessins ou photos représentant au choix des accidents de voitures, des chutes en montagne, et de nombreuses autres façons de mourir … un peu sinistre quand même 🙂 .