Lundi 3 août 2026
Après une nuit confortable et réparatrice au refuge, j’ouvre un œil à 6 heures, et m’autorise à traîner au lit une vingtaine de minutes de plus. Je me lève, range mon sac et vais prendre le petit déjeuner (correct sans plus, le dîner était beaucoup plus réussi).
Le refuge est pour l’instant dans les nuages, espérons que ça se lève… Le temps de prendre le petit déjeuner, la vue se dégage un peu mais je quitte quand même le refuge dans une atmosphère humide et avec une visibilité réduite.
L’itinéraire débute par 400 mètres de montée raide dans les blocs, un peu rude pour un décrassage matinal ! Plus je monte et plus la vue se dégage, et arrivé en haut de la côte, je suis au-dessus d’une mer de nuages… c’est magnifique.
Je suis maintenant sur un plateau d’altitude très minéral. Je m’inquiétais un peu pour l’orientation, mais le balisage est parfait, les marques rouges et blanches sont flambant neuves et très rapprochées.
Après avoir parcouru ce plateau en restant à niveau, une dernière montée permet d’accéder au Passo di Brocan, un col offrant de chaque côté une belle vue sur la mer de nuages, qui commence à se dissiper.
Il faut maintenant débuter les 800 mètres de descente vers le Lago Brocan et le Bacino del Chiotas (lac artificiel avec son barrage), et le refuge Genova Figari situé juste entre les deux. Comme à la montée, le balisage est excellent, ce qui est une bonne chose car le chemin demande de l’attention (pierres et blocs sur la partie haute, pelouse raide et mélange terre / pierre pour le bas). Le niveau des deux lacs est vraiment très bas : conséquence de la canicule ou opération de maintenance du barrage ?
Arrivé en bas de la descente, je fais une brève pause au refuge pour prendre et l’eau et grignoter un peu, avant d’attaquer la montée vers le Colle di Fenestrelle, dernier col de la journée 450 mètres plus haut. Le chemin est très agréable, la pente est soutenue sans être raide, et les nombreux lacets permettent de prendre un rythme régulier. Je gravis assez facilement les 450 mètres de dénivelé, d’abord sur des pentes herbeuses puis dans un environnement plus minéral. Seul bémol : un hélicoptère en vol stationnaire au-dessus du barrage dont le bruit va m’accompagner toute la montée…assez agaçant !
Arrivé au col, la vue est impressionnante et dominée par le monumental Gelas (3138 m). C’est le moment d’une pause pique-nique bien méritée… et quel plaisir de ne plus entendre l’hélicoptère ! Il ne reste ensuite plus qu’à descendre jusqu’au refuge Soria Ellena, destination du jour. Le chemin de terre est agréable, il serpente le long des pentes herbeuses, quel plaisir de pouvoir marcher sans regarder ses pieds et profiter du paysage !
Sur le début de la descente, je croise un chamois adulte à une quinzaine de mètres du sentier. Il ne semble pas le moins du monde perturbé par ma présence, et continue à brouter tranquillement. Quelle différence avec les chamois des Alpes du Nord, qui fuient à plusieurs dizaines de mètres !
On aperçoit le refuge de loin, sur son promontoire au-dessus de la rivière.
À mon arrivée, je demande conseil sur l’endroit où planter ma tente, et on m’indique un emplacement plat juste au-dessus du refuge. Je monte la tente, pose le sac à dos à l’intérieur, et 30 secondes après la pluie se met à tomber … quel timing parfait 😎 !
La pluie ne durera pas très longtemps, mais le ciel reste menaçant, ça ne sera peut-être pas la seule averse de l’après-midi, mais on verra bien.
Pour l’instant je m’installe à l’intérieur avec un soda et une part de tarte, et me mets à rédiger ce compte rendu. Prochaine étape, la douche et la lessive (oui je sais ça devient répétitif 😉 ), puis farniente le reste de l’après-midi.
Vers 20h, après un dîner composé d’une délicieuse purée Mousline, les nuages commencent à se masser sur les cols et sommets avoisinants. Le vent de fin d’après-midi avait séché la tente, je pensais même pouvoir le replier sèche demain matin, ça ne sera peut-être pas si simple finalement….

















