Dimanche 2 août 2026
Après une nuit réparatrice et parfaitement calme (mes craintes étaient infondées, tous les groupes présents se sont couchés tôt et ont été silencieux), le lac et la tente sont dans un nuage : l’atmosphère est très humide et la tente est trempée. La météo ayant prévu des orages dans l’après-midi, j’ai décidé de partir tôt et mis le réveil à 6h15. Le temps que je me lève et que je prenne mon petit déjeuner, le ciel se dégage et promet une belle matinée. Je suis prêt à 7h15, et démarre cette journée de transition, qui sera sans grande difficulté (mais aussi sans grand intérêt).
Je commence à me diriger vers le refuge Questa. J’ai à peine marché une centaine de mètres que je croise deux chamois, que je fais détaler sur le chemin devant moi. A peine remis de mes émotions, ce sont deux jeunes qui traversent un peu plus lentement, j’ai le temps de bien les observer. Après ce joli moment, je me rends au refuge Questa, qui ne me fait absolument pas regretter mon choix de bivouac, bien au contraire. Le refuge Questa est également au bord d’un lac, mais dans une ambiance 100% minérale, je ne vois pas trop où il serait possible de planter une tente. De plus il y a du monde, et une odeur de toilette pas très agréable flotte dans l’air. Je ne m’attarde pas, le temps de refaire mes réserves d’eau et je repars [1].
Je commence par suivre un chemin aménagé (comme ceux des jours précédents, il est probablement l’oeuvre des militaires), que je suivrai jusqu’au Lago Soprano di Fremamorta. Ce chemin commence par descendre légèrement, et arrivé à son point le plus bas, le scénario précédent se reproduit : je vois un chamois adulte traverser le chemin au loin, et disparaître rapidement. Mais quelques mètres plus loin un jeune est arrêté au milieu du chemin : je suis à une vingtaine de mètres de lui, il m’observe et ne bouge pas. Il reste un long moment comme ça, pendant que j’entends un cri au loin que j’imagine être celui de l’adulte appelant son petit (mais bon, je ne suis pas expert en cri de chamois 😀 ). Quelle belle rencontre et quelle belle émotion ! L’émotion est tellement forte que je ne pense pas à vérifier les réglages de mon appareil photo, il est tôt et la lumière est un peu faible, résultat aucune photo parfaitement nette 🙁 !
Je reprends ensuite ma route en légère montée vers le Colletto del Valasco, toujours sur un large sentier aménagé, et dans une ambiance très minérale. Le sentier n’est pas difficile mais pas très roulant non plus, il demande un minimum d’attention puisque le sol est pierreux.
Après le col, l’ambiance minérale est égayée par quelques lacs (Laghi di Fremamorta), un bivouac métallique rouge (Bivacco Guiglia, je ne ferai pas le détour pour voir à quoi il ressemble de l’intérieur), et des ruines de bâtiments militaires.
Au niveau de ces ruines, les indications du topo sont incohérentes (« descendre à gauche au sud/est« , alors que la gauche est au nord/ouest 🙄 ), et ma trace GPS semble descendre tout droit dans une pente raide. Prudemment, je me fie au panneau qui indique « Pian de la Casa del Re » et m’engage sur un chemin à flanc qui me fera rejoindre le fond du vallon. L’ambiance est moins austère, petits arbres et herbes sont de la partie, mais plus on perd de l’altitude et plus le chemin demande de l’attention (descentes un peu raides, passages de pierriers, etc.). Je m’arrête brièvement au refuge Regina Elena pour prendre de l’eau : il est tout petit et fermé, probablement un refuge privé appartenant à un club alpin ou autre ? Bizarre, il y a pourtant des panneaux juste avant d’y arriver indiquant « hébergement et restauration ».
Arrivé en fond de vallon, bien fatigué par la descente, je m’offre une pause pique-nique qui me fait du bien. Il est maintenant midi, et il me reste 700 mètres à monter pour atteindre le refuge Remondino où je prévois de dormir ce soir à l’abri des éventuels orages (ou de bivouaquer si le refuge est complet).
La montée me fait bien transpirer (il faut dire qu’à 1700m, altitude du fond du vallon, il fait très chaud) mais se passe sans trop d’encombres, même si les 100 derniers mètres me font un peu tirer la langue.
Plus je monte et plus les nuages s’accumulent, mais j’arrive finalement vers 13h45. À mon arrivée, je suis surpris : le refuge Remondino est un vrai refuge de haute montagne, perché sur son promontoire dans une ambiance minérale. Il y a beaucoup de monde sur place, et une bonne partie des sacs qui traînent sont surmontés d’une corde, ce qui montre qu’il est fréquenté par un public d’alpinistes, et pas seulement de randonneurs.
Je croise les doigts car l’endroit ne semble pas idéal pour planter une tente. Mais il semble que j’aie de la chance « nous étions complets hier, nous sommes complets demain mais aujourd’hui nous avons de la place » …. Ouf ! On m’indique ma chambre, je sors mon duvet et ma doudoune un peu humides et les pose sur mon lit. Je m’offre une part de tarte et une bière, je suis au chaud dans la salle commune (et bruyante 😉 ) du refuge pour rédiger ce compte rendu. Pendant ce temps à l’extérieur, la visibilité est tombée à quelques mètres et la pluie se met à tomber, bientôt suivie par les grondements du tonnerre.
Il est 15h, il me reste encore toute l’après-midi pour me reposer et préparer l’étape de demain ! Et j’ai découvert que le bar / salle à manger n’était pas le seul espace commun du refuge, au dernier étage se trouve une salle beaucoup plus calme, avec livres, table de billard… et une superbe vue panoramique sur les montagnes 😮 !
Au vu de l’orage en cours (qui finalement se calmera vers 17h), je réserve la demi-pension… tant pis pour le poids du sac, qui ne diminuera pas ce soir et demain matin 🙂 .
[1] Note : par la suite, j’ai eu plusieurs échos d’autres randonneurs faisant état d’un coup de cœur pour le refuge Questa et son lac d’un bleu magnifique. Y arriver en début de matinée alors que tout était à l’ombre n’était pas forcément l’idéal, il faudra que j’y retourne pour me faire un avis définitif 😉 .















