Jour 11 – Refuge Soria Ellena -> Lago Bianco del Agnel

Mardi 4 août 2026

Ce matin, le réveil était réglé à 6h, mais je suis réveillé tôt, et je me lève à 5h45. Le ciel est bleu, pas un nuage (malgré ça je replierai une fois de plus ma tente trempée 🙁 ), mais les prévisions météo sont un peu mitigées pour l’après-midi.

C’est pourquoi je me hâte de me préparer et prendre mon petit déjeuner, et quitte le refuge Soria Ellena juste avant 7h pour cette « sérieuse étape de montagne » (dixit le topo).

C’est parti !

Mais le refuge est bas, et pour atteindre les ambiances montagnardes il va falloir monter. On commence donc par une longue ascension en lacets très progressive. Je me cale sur un rythme, j’écoute mon souffle et j’admire les chamois : je suis vraiment dans leur royaume, au bout du dixième j’arrête de de compter …. J’enchaîne les lacets dans ces alpages, et au bout d’une heure j’ai grimpé 450 mètres.

Montée vers la Pera de Fener (1/2)

Montée vers la Pera de Fener (2/2)

Lors d’une pause je suis rejoint par un couple de français (Thierry et Valérie) qui suivent également l’itinéraire Transalpes et que j’avais rencontrés l’avant-veille au refuge Remondino. Ils sont partis après moi ce matin mais leur rythme est bien plus soutenu que le mien. Je les laisse me dépasser et reprends mon ascension. L’environnement devient plus pierreux mais le chemin est toujours aussi agréable. Il m’aura finalement fallu deux heures pour gravir les 850 mètres de dénivelé jusqu’à la Pera de Fener (lieu sans grand intérêt, j’ai bien vu l’inscription mais pas la « vierge incrustée » décrite par le topo). J’y rejoins Thierry et Valérie qui y ont fait une longue pause.

À partir de là, nous entrons dans un terrain plus « montagne », le topo mentionne une montée sur « une moraine assez pentue en terrain pourri (le sol se dérobe sous les pieds) ». Au final pas grand-chose, le balisage est comme d’habitude parfait, le passage raide assez court et le sol tient bien sous les pieds.

Ambiance haute montagne

Il reste ensuite une cinquantaine de mètres de dénivelé avant le « passage des glaciers » qui doit nous permettre de rejoindre l’arête du même nom. Le topo indique deux névés raides à traverser et qualifie ce passage comme « un des plus chauds de toute la traversée ». Je ne sais pas à quel point le glacier du Gelas a régressé depuis l’édition du topo en 2010, et la situation aurait peut-être été toute autre plus tôt dans la saison, mais pour nous aucun souci : il ne reste qu’un seul névé, il ne fait que quelques mètres de large, et la neige est suffisamment molle pour y creuser des marches à coup de talons.

Passage des glaciers en vue, ainsi que le névé qui le précède

Névé franchi !

Une fois le névé franchi, nous atteignons le pas des glaciers et prenons place sur l’arête du même nom. C’est splendide, nous dominons à gauche l’itinéraire que nous venons de parcourir, et à droite le Bivacco Moncalieri et les lacs du Gelas (Lago Bianco et Blu). Les bancs de nuages qui passent devant les sommets donnent une ambiance haute montagne assez dramatique.

Vue depuis le passage des glaciers (1/2)

Vue depuis le passage des glaciers (2/2)

Après quelques dizaines de mètres sur le fil de l’arête, nous arrivons au Bivacco Moncalieri, joli refuge non gardé en parfait état, puis descendons jusqu’au bord des lacs du Gelas. Thierry et Valerie décident d’y faire une longue pause, quant à moi je grignote un peu puis me remets en route vers le refuge Pagari.

Descente de l’arête des glaciers

Bivacco Moncalieri et Laghi Bianco e Blu del Gelas

Bivacco Moncalieri

Lago Bianco del Gelas

Lago Blu del Gelas

Le chemin commence par descendre dans les rhododendrons, puis remonte une combe caillouteuse avant d’atteindre une brèche (que le chemin ne traversera pas, il passe plus à droite sur un éperon).

Belle brèche … que le chemin contourne 😉

Un large vallon minéral se dévoile, que le chemin suit à flanc en légère montée, avant d’atteindre le refuge Pagari après un dernier raidillon.

Chemin à flanc vers le refuge Pagari

Chemin à flanc vers le refuge Pagari, vue arrière

Refuge Pagari (1/3)

J’arrive au refuge quelques minutes seulement avant Thierry et Valérie, qui malgré leur longue pause aux lacs du Gelas vont décidément beaucoup plus vite que moi 😮 . Il est midi quand nous arrivons, ce qui nous fait une étape de 5 heures contre 6 annoncées par le topo, il faut croire qu’on était en forme !

Refuge Pagari (2/3)

Refuge Pagari (3/3)

Pagari est situé dans un environnement 100% minéral, pas le moindre espace pour planter une tente, c’est pourquoi j’avais initialement réservé pour y passer la nuit. Mais il est bien trop tôt pour s’arrêter, et j’aimerais aller un peu plus loin que le refuge des Merveilles demain soir pour raccourcir l’étape Merveilles -> Sospel (pour laquelle le topo indique plus de 9 heures de marche !). Je décide donc d’annuler ma réservation et de bivouaquer au Lago Bianco del Agnel, à une heure de marche de là. D’autant que le temps s’est totalement dégagé, et qu’il semble donc que l’après-midi sera splendide 😎 . Nous mangeons à l’intérieur du refuge, et je m’offre une bière (délicieuse, qui a la particularité d’être brassée par le gardien lui-même !) et une crostata à la myrtille pour agrémenter mon pique-nique.

Je dis ensuite au revoir à Thierry et Valérie qui vont passer le pas de Pagari pour rejoindre le refuge de Nice (je les recroiserai une ultime fois au refuge des Merveilles le lendemain), et suis le large sentier en lacet qui descend vers San Giacomo, avant de partir à flanc dans un lacet pour rejoindre le lac un peu plus loin.

Descente vers le lago Bianco del Agnel

J’y arrive vers 14h et commence par faire sécher mes affaires et ma tente.

Lago Bianco del Agnel

Je rédige ensuite ce compte rendu, et me prépare aux étapes suivantes : monter la tente, faire la lessive, et pourquoi pas piquer une tête dans le lac ?

Une autre activité, non prévue celle ci, sera l’observation, pendant de longs moments, d’un groupe de trois bouquetins, qui viendront vivre leur vie autour de moi, sans être le moins du monde effrayés ni dérangés par ma présence …. Un moment magique 😀 . Ce moment s’est poursuivi par le passage de quelques chamois, et pour finir un groupe de six jeunes bouquetins, si peu farouches que ça en était presque inquiétant (mais jusqu’où vont ils s’approcher ? c’est que ça a quand même des grandes cornes ces bestioles 😀 ).

Un festival de bouquetins (1/5)

Un festival de bouquetins (2/5)

Quelle proximité !

Un festival de bouquetins (3/5)

Un festival de bouquetins (4/5)

Un festival de bouquetins (5/5)

Bivouac de rêve

Derniers rayons (1/2)

Bouquetin du soir, espoir

Derniers rayons (2/2)

Cela fait déjà beaucoup de bouquetins, mais je ne résiste pas à la tentation de rajouter deux vidéos prises au téléphone, pour tenter de retranscrire au mieux les émotions ressenties pendant toutes ces heures passées en leur compagnie …