Mercredi 5 août 2026
Comme la veille, j’ouvre l’œil à 5h45. Je sors de la tente, et constate que mes copains les bouquetins sont toujours là 😎 .
Je range mes affaires, prends mon petit déjeuner et suis à pied d’œuvre vers 7h. Je m’attaque à la montée vers le pas de l’Agnel, qui marque la frontière avec la France, une montée bien raide dans les blocs, ça décrasse !
Heureusement le balisage italien est toujours au top, impossible de se perdre ! Le chemin vers le col étant plein Est, mon arrivée au col se matérialise par du vent, le soleil qui m’accueille, ainsi qu’un bouquetin qui vient me dire bonjour 🙂 . Enfin, la vue sur le lac de l’Agnel à contre-jour est magnifique.
Une fois en France, la situation au niveau balisage change du tout au tout. La sente soi-disant balisée en rouge décrite par le topo ne l’est que par des cairns parcimonieux, impossible de rester en pilotage automatique, il faut être attentif et chercher le prochain cairn, ça demande plus d’attention … mais cela a aussi un côté ludique 😉 .
La sente se dirige à flanc, en légère montée, vers le collet de la Charnassère (2727 m, mon point culminant de la journée), en passant d’abord dans des alpages puis de nouveau dans des blocs.
Depuis le collet (toujours en cherchant les cairns 🙂 ), on descend vers le joli lac Gelé, puis on remonte pour longer le lac de la Lusière.
Une fois le lac passé, c’est la descente vers les lacs Vert et Noir en contrebas. Le chemin est un mélange de terre et de blocs, mais il n’est pas trop raide et la descente se fait bien. Pendant la descente j’aperçois un hélicoptère qui fait un arrêt minute au bord du lac Noir, probablement pour déposer quelqu’un ? J’en aurai la confirmation à mon arrivée : la personne en question, avec qui je discute un moment, est missionnée pour déposer des alevins dans le lac, afin que des poissons soient présents pour la pêche, car visiblement ils ne se reproduisent pas. Cela m’a semblé surprenant mais je n’ai pas cherché à creuser plus avant. Laissant le pêcheur vaquer à ses occupations, je m’octroie une pause dans ce superbe environnement : à droite le lac Noir et au loin la baisse de Valmasque que je vais franchir plus tard ; à gauche le lac Vert avec le refuge de Valmasque sur son promontoire… et moi assis seul dans l’herbe entre les deux.
Après avoir grignoté et profité du paysage, je me remets en route et prends le chemin qui longe le lac Noir. Je sens que je suis revenu dans un endroit plus fréquenté, je croise beaucoup de randonneurs, alors que je n’avais vu absolument personne depuis Pagari.
Je poursuis par le lac du Basto (magnifique !), avant d’attaquer la montée vers la baisse de Valmasque, non sans me retourner régulièrement pour admirer le lac de Basto vu du haut. Je suis maintenant sur le GR52, et si la fréquentation s’en ressent elle reste supportable…. Du moins jusqu’au col, où un groupe d’italiens squatte littéralement tout l’espace 😮 . Je me pose à l’écart pour une pause express et ne m’attarde pas.
Je suis maintenant rentré dans la zone des peintures rupestres de la vallée des Merveilles, où les bâtons sont interdits, je les range donc sur mon sac. Il ne me reste donc plus qu’à descendre les 400 mètres de dénivelé qui me séparent du refuge des Merveilles à la force des cuisses et des genoux 😉 .
Je constate une fois de plus les effets de la canicule, les deux petits laquets qui précèdent le lac des Merveilles sont quasiment à sec.
Je continue la descente dans la vallée des Merveilles et franchement je ne suis pas impressionné. C’est joli mais beaucoup moins que de nombreux endroits par lesquels je suis passé depuis dix jours. La vallée est assez anthropisée (plusieurs bâtiments sont présents en plus du refuge lui-même), et le lac bordant le refuge est surplombé d’un barrage en travaux …. Bof !
Je ne suis néanmoins pas mécontent d’arriver au refuge vers 12h30, le soleil cogne, l’air est lourd et je commence un peu à fatiguer.
Je m’octroie une grande pause pique-nique (+ deux verres de kéfir et une part de tarte aux myrtilles, miam !), et je fais sécher ma tente. Une fois que tout ça est fini (vers 14h), la pluie se met à tomber. Bon, finalement on n’est pas mal ici, je vais m’attarder un peu plus longtemps 😀 .
Apercevant sur le comptoir un panneau indiquant « nous cherchons quelqu’un se rendant sur Menton avant samedi », j’indique que c’est mon cas. La gardienne me confie une liseuse oubliée par un client, je ferai office de coursier à Menton pour la restituer à son propriétaire.
Mon plan est maintenant de rester au refuge jusqu’à ce que l’orage passe, et d’aller ensuite bivouaquer au Pas du Diable, qui marque la fin de la zone d’interdiction (la gardienne m’a confirmé qu’il y a des zones plates où planter la tente). Cela me permettra de gagner une heure sur l’étape de demain et de la ramener à une durée « raisonnable » de 8 heures.
À 16h la pluie s’arrête et à 17h le ciel est suffisamment dégagé pour que je tente une sortie. Il reste encore des nuages noirs mais je fais le pari qu’ils ne donneront pas de pluie. Je me mets en route et suis le GR 52 le long des différents lacs (lac Fourca, lac du Trem, lac de la Muta), ils sont tous artificiels et arborent le mur de leur barrage à la vue du promeneur qui arrive de l’aval… mon avis mitigé sur la vallée des Merveilles ne change pas !
Au bout d’une petite heure de marche j’arrive aux Lacs du Diable, sous la cime du même nom. L’itinéraire Transalpes passe par son sommet mais je m’en passerai, j’ai eu ma dose de caillasse et l’étape vers Sospel est suffisamment longue comme ça. Je continue donc à suivre le GR jusqu’au Pas du Diable. Vu le caractère minéral de l’endroit je me demande si la gardienne ne s’est pas trompée mais non, arrivé sur place je trouve une surface plane avec suffisamment d’herbe pour y planter la tente, pile entre deux pentes caillouteuses ! Mais l’espace n’est quand même pas exceptionnel, et camper juste à côté du panneau d’entrée de la zone protégée et à moitié sur le chemin ne m’enthousiasme pas plus que ça.
Je repère un peu de vert qui a l’air à peu près plat 60 mètres sous le col, à proximité d’une ruine et d’un petit lac (à sec). Il suffit pour s’y rendre de quitter le chemin et de traverser un champ de blocs. Même pas peur, j’en ai vu d’autres 😀 .
L’endroit s’avère parfait, et qui plus est moins exposé au vent que le col. Adjugé, je plante la tente et me prépare à passer ma dernière nuit dehors (pour demain soir j’ai réservé une chambre d’hôte à Sospel !).























